Lettre à mon fils de 14 ans

Mon amour, mon Lou,

Oui, ce coup-ci, c’est bien à toi que j’écris. Cela me fait d’ailleurs vraiment bizarre car, quand j’ai ouvert ce blog il y a pile 10 ans (oui, happy birthday le blog, aussi !), le jour de tes 4 ans, je n’imaginais pas un seul instant que tu pourrais venir lire ici un jour. J’avais déjà du mal à t’imaginer rentrer à l’école primaire, alors tu penses, que tu sois assez grand pour lire et, même, soyons fous, lire mes bafouilles (si tu ne connais pas ce mot, Google est ton pote, hein), tu imagines bien que cela tenait de la science-fiction pure et dure.

Mais voilà, on y est.

Tu m’excuseras de te refaire le coup du « oh mais purée, x ans, j’en reviens pas, tu as x ans » (changer le « x » selon l’année voulue), je crois que tout être humain devenant parent a besoin (oui, besoin) de se répéter cette phrase chaque année un paquet de fois avant de bien, bien intégrer la nouvelle donnée. Ma mère, ta grand-mère, me fait encore le coup à chacun de mes anniversaires, tu vois, t’es pas rendu… c’est à vie !
Qui plus est, si toi, tu as 14 ans de vie, cela veut aussi dire que, moi, j’ai 14 ans de maternité. Seconde info à avaler. Ca fait beaucoup pour une seule femme, j’te jure. Lire la suite

A toi de jouer, mon fils

« Demain matin, je serai la première personne à te souhaiter ton anniversaire ! »

A l’heure où vous lisez ces lignes, le petit de l’Homme a 12 ans et quelques minutes. Et la première personne qui lui a souhaité cet âge ô combien symbolique (en allant sauter sur son lit) est aussi la première petite personne de son âge avec laquelle il a eu des interactions. Ils venaient tout juste de naître.
(NDLR : si vous avez envie de pleurer un bon coup et, accessoirement, de découvrir la belle histoire du petit de l’Homme et de cette jolie petite personne, foncez sur le blog de Ganaëlle. Ca vaut le détour…)

Voilà. Le petit de l’Homme a 12 ans.
12 ans de lumière et de joie.
Il a grandi entouré de stabilité et d’ondes positives. Gavé d’amour et de force (et de légumes aussi, mais ça, ça fait tout de suite moins poétique).
Je le sais déjà, il se souviendra de son enfance comme d’un paradis. D’un monde où tout est parfait, à sa place. Où la lumière inonde chaque jour. Où la Terre est ronde et tourne dans le bon sens.
Il regrettera même peut-être ce temps dont il aura un souvenir si net et tellement idéal.

Et pourtant… Lire la suite

A toi qui termines l’école primaire…

Voici 7 ans et demi que j’ai ouvert ce blog… Et le premier texte qui y était posté parlait déjà de lui.

Du petit de l’Homme.

Il fêtait son 4ème anniversaire à l’époque. Il entamait sa deuxième année à l’école maternelle. La route scolaire venait de s’ouvrir à lui et elle nous paraissait à nous, l’Homme et moi, devoir durer des siècles.

Nous avions choisi une école à pédagogie alternative, choix que nous n’avons, en définitive, pas regretté, même si, face au caractère du petit, la route ne fut pas toujours facile (mais qui a dit qu’être parents, c’était un truc easy-cheesy, hein ?).

Pendant toutes ces années de joie, d’adaptation, de soleil, de mises au point, de fou-rire, de craquage et de sérénité (aucune mention n’est inutile), nous avons vu un petit bonhomme passer de l’état de bébé à celui de « pré-ado ». Lire la suite

« Je suis un pré-ado ! » ou « Heureux 11 ans, mon amour »

Je pense que la phrase fétiche du petit de l’Homme (à part « ça craint » -phrase number one-, « c’est TROP classe » et « qu’est-ce que tu veux que j’en sache ! » -qu’il vient de gentiment me souffler) est « je suis un pré-ado, hein ! ».
Ca excuse tout, ça explique tout.

Et ça le rend extrêmement fier, au passage.

Et de fait, il en a tous les signes, du pré-ado.
« Tu veux qu’on aille visiter un musée, mon chéri ? »

« Un musée ????? Ca craint ! »

(plus petit, il réclamait des « visites de musée », si, si)

« On va quelques jours à Berlin, qu’est-ce que tu en penses ? »

« Pffff, ça craint »

(il n’avait encore jamais mis les pieds à Berlin, il a par la suite trouvé la ville « trop classe »)

« Non, tu n’iras pas en skateboard à l’école »

(surtout que tu ne gères pas le truc et qu’il y a deux parkings et deux rues dangereuses à traverser)

« Mais ça craint !!!!! »
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10 ans de vie et d’amitié

Je vérifie si je n’ai rien oublié dans la chambre. Ca fait 4 fois que je passe tout en revue pour être sûre que j’ai tout pris.
La chambre est vide.

Enfin, vide… Il me reste ce bébé, dans son maxi cosy, sur le lit.

L’Homme est descendu charger la voiture et il m’a promis de remonter très vite. Je ne réalise pas complètement. Je vais rentrer chez moi (youpie !), avec un enfant, mon enfant (ha, merde).

« Ganaëlle est là, Marie ! Je viens de croiser C. (l’homme de Ganaëlle) dans le couloir, ça y est, elle est rentrée, elle va accoucher ! »

Je suis restée bouche-bée.

 

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10 ans de stupéfaction

Il est là, à côté de moi, silencieux et appliqué. Penché sur ses devoirs et moi, sur les miens.

Il ne comprend pas que mon métier ce soit « écrire », lui qui réduit cette corvée au minimum.

Il aime les maths, les chiffres, les sigles, les plans même s’il déteste bricoler ou dessiner.

Il économise pour s’acheter des New Balance, rêve d’un pantalon rouge, a argumenté pour obtenir la veste orange de ses rêves.

Les meilleures vacances du « monde entier de sa vie de tout l’Univers », il les a passées dans la maison perdue dans les collines de Malibu et il rêverait d’y vivre.

Il ne veut pas « faire un métier ennuyeux comme médecin ou avocat », il veut « conduire un tram ou être policier, c’est chouette, ça bouge ». Lire la suite

Aux enfants morts sans raison…

Je dois courir, j’ai encore du boulot mais je le terminerai plus tard.

Ne pas arriver en retard surtout, ne pas arriver en retard.

Il fait froid, il pleut à verse, je suis crevée… Mais le petit de l’Homme m’attend. Avec impatience. Heureux. Excité.
Ne pas lui faire défaut surtout.

J’arrive à l’école, je le cherche, je m’énerve déjà. Il y a un monde de fou. Partout. Un bruit constant.
Je veux la paix. Je me dis que j’ai encore du boulot, des choses à vérifier, que j’ai autre chose à faire que de venir à une fête d’école.

Je tourne en rond en le cherchant, rencontre d’autres parents, ma cousine qui a ses enfants dans la même école…
Je suis crevée. On est vendredi soir, je veux la paix, je veux la paix. Lire la suite

Manifeste de la mère pourrave

(rendons à César ce qui lui appartient, la création de la magnifique locution « mère pourrave » revient à mon amie Gana, mais je la lui emprunte car c’est on ne peut plus explicite dans le cas qui nous occupe !)

Le petit de l’Homme, comme bon nombre de ses congénères de 8 ans et plus, a une vie sociale bien chargée. Des activités en pagaille. Et encore, on s’est empressés de lui mettre des limites parce que, sinon, c’est notre vie à nous qui n’allait plus suivre. Une activité extra-scolaire par jour nous semblant être une moyenne plus que raisonnable.

Bref. Parmi ses nombreuses activités, il prend des cours de solfège. Il ne trouve pas ça nul du tout, ça l’éclate, il aime. Et il aime aussi et surtout les potes qu’il s’est fait à ce cours (plus marrants que Beethoven, j’en conviens). Lire la suite

Etre un bad boy, ça ne paye pas

Il a la mine sombre.

Il va « bof-bof » comme il dit.

Son amoureuse (depuis leurs 3 ans quand même) n’est plus amoureuse de lui. Ils sont encore amis, proches, mais elle est amoureuse d’un autre.

Après le gros chagrin, sa petite vie à lui reprend son cours. Lire la suite