Calendrier de l’avent : Jour 4, où l’on parle de la pire peur de ma vie

(Cet article fait partie de la série « Calendrier de l’Avent », pour retrouver les explications et l’article du Jour 1, c’est par ici)

Aveu.
Je suis bordélique.
Pas parce que j’aime le désordre ou que je me sens bien dans un endroit désordonné, mais simplement parce que… je ne vois pas le désordre. J’ai cette facilité à me mettre dans une bulle qui me coupe des réalités du quotidien et c’est HYPER efficace contre le désordre. A défaut de le ranger, je lui nie toute existence et le tour est joué.
(En général, on attribue cette faculté aux hommes, voici donc encore un bon contre-exemple qui prouve que genrer les comportements est une vraie connerie : je ne suis pas un homme et j’adopte plus que régulièrement ce comportement.)

Mais pourquoi se mettre dans une bulle et nier la réalité alors que l’affronter serait le meilleur moyen pour que le problème n’existe plus ? me direz-vous.
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Calendrier de l’Avent : Jour 3, Chaplin, ce discours de 1940

(Cet article fait partie de la série « Calendrier de l’Avent », pour retrouver les explications et l’article du Jour 1, c’est par ici)

Je l’ai déjà dit, le petit de l’Homme a cette malchance d’avoir des parents qui aiment un minimum la culture et qui le traînent partout (et, ce, depuis un âge plus que tendre, à son grand dam) de musées en expo, d’expos en pièces de théâtre, voire en concerts classiques (ou pas). Il vit la chose avec plus ou moins de bonheur selon les activités mais continue à gentiment accompagner ses parents dans tous leurs délires (et on l’en remercie au passage).

Le délire de ce vendredi soir était la pièce « Chaplin », au Théâtre Royal du Parc.

Le petit sait très bien qui c’est, il se passait en boucle le coffret de l’intégrale de Charlot en DVD quand il portait encore des couches-culottes. Donc la pièce, ça va, on n’a pas trop dû lui expliquer le contexte.

Et parlant de ladite pièce, il faut avouer que, même si je l’ai trouvée un peu décousue et sans un fil conducteur vraiment solide et assumé, elle est d’une énergie rafraîchissante. La prestation d’Othmane Moumen en Chaplin est juste époustouflante. C’est loin d’être la première fois que je trouve cet acteur complètement génial et jouissif, mais voilà, ça confirme son talent et le bonheur qu’il apporte à la salle quand il est sur scène.

Bref, je vous conseille la pièce, surtout si vous avez des enfants et que vous voulez voir quelque chose qui bouge et dont les dialogues sont accessibles (en gros, les dialogues… ben, y’en a peu, vu que les films de Chaplin étaient muets !), un bon moment en perspective.

Mais ce qui a retenu mon attention ce vendredi soir n’est pas tant la pièce en elle-même que le discours tenu par la comédienne avant le lever de rideau. Lire la suite

Calendrier de l’Avent : Jour 2, A Cuba « Internet est fermé le dimanche »

(Cet article fait partie de la série « Calendrier de l’Avent », pour retrouver les explications et l’article du Jour 1, c’est par ici)

Cela n’a échappé à personne, Fidel Castro est mort.
(Et si cela vous avait échappé, ben voilà, z’êtes au courant, merci quiii ?)

Et depuis sa mort, j’entends partout que, si les Cubains sont tristes, c’est qu’ils y sont forcés par le système, qu’on leur a lavé le cerveau depuis l’enfance et que cette tristesse est obligée et feinte. Qu’en fait ils n’osent pas dire qu’ils sont soulagés d’être débarrassés de Castro qu’ils détestaient.
C’est étrange comme vision car je n’ai pas vraiment eu la même en visitant et me renseignant sur le pays. La réalité est un peu plus complexe.

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Calendrier de l’Avent : Jour 1, présentation

Ce matin, j’avais la ferme intention de m’acheter un calendrier de l’avent.
Je ne suis pas fan du truc d’habitude, mais en ces temps pas hyper marrants, j’avais envie de me raccrocher à quelque chose en attendant la chaleur de Noël…
Comme je n’aime pas le chocolat (ne prenez pas cet air effrayé, c’est pas contagieux), j’avais visé un calendrier plus sympa et qui ne proposait pas de se bâfrer jusqu’au 24 décembre. Sauf qu’en arrivant comme une fleur, tout sourire, au magasin censé le vendre, je me suis retrouvée devant une vendeuse péremptoire : « Ouhlà, non, on est en rupture de stock, madame, ils devaient être vendus avant le 1er décembre, évidemment ! »

Evidemment.
Chuis con, moi. Lire la suite

Parler d’amour par temps de haine – mort d’une grand-mère

On ne se voit pas vieillir.
Et on voit encore moins vieillir ceux que l’on aime.

Ou du moins, on ne voudrait pas le voir.

Il ne restait que peu de personnes dans mon entourage de la génération qui a connu la guerre.

Et la dernière vient de partir…
En ces temps troublés, c’est un dur rappel à la réalité.

J’ai toujours eu cette chance d’avoir autour de moi des gens pour me mettre en garde contre la violence des mots, le danger du rejet et de la haine de l’autre.

Ils l’avaient appris à leur corps défendant.

Et ils ne voulaient pas que cette violence s’abatte à son tour sur leurs enfants et petits-enfants.

Comment parler d’amour en ayant connu la haine ? Lire la suite

Sous les pavés, la plage

(NDLR : cet article est en lien avec un autre article posté le 29 avril dernier à l’occasion de mon 43ème anniversaire -argh-, si vous l’avez lu vous comprendrez le lien entre la plage, les pavés, toussa… Allez, voici le bilan !)

Wé, j’ai joué mon caliméro pour mes 43 piges.
(Je fais ce que je veux, je suis sur mon blog)
Cette nuit-là, j’ai longtemps hésité à poster quelque chose, j’ai écrit au bas mot 4 articles et les ai tous effacés. Et puis, j’ai posté le dernier, celui que vous avez probablement lu. En me disant que j’allais allègrement le regretter.

Et je n’ai rien regretté du tout.
Mon côté petit canard noir à coquille d’œuf a été accueilli avec une incroyable bienveillance, même dans les réponses « coup de pied au cul ».
J’aurais raté quelque chose de ne pas l’avoir écrit.

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Oui, on tue des enfants un jour de fête

Comment lui parler ?
Que lui dire cette fois ?
A chaque résurgence de la violence, face à chaque nouvelle image atroce, je tiens bon.
Depuis sa naissance, son père et moi voulons en faire un enfant ouvert, aux autres, au monde, à l’amour.
Chacun de nos actes, chacun de nos choix vont dans ce sens.
Alors, à chaque fois, je le rassure.
Et j’apprends de lui, de son énergie, de son envie d’aller de l’avant, de son regard franc sur le monde.
Il m’embarque du côté de la vie, de l’amour (de la Force, diraient certains adeptes).
Et je lui apprends à utiliser son cerveau et non sa peur.

Prendre de la hauteur, mettre en perspective, agir dans le positif.
Le mot ‘amour’ n’est pas qu’un mot, ce sont des actes aussi.
Mais à la longue, ce désir, cette énergie sont rudement mis à l’épreuve.
Ne pas laisser la peur s’insinuer, ne pas laisser la lassitude s’installer, ne pas laisser le dégoût l’emporter…

Et pour cela, il va falloir trouver les mots.
De nouveaux mots.
Pour lui expliquer la tragédie dans un endroit qu’il connaît, où il a lui-même fait la fête en famille.
Une Promenade où il a déambulé, comme ces familles fauchées ce 14 juillet.
Pour lui dire qu’au nom de ces familles-là, de ces enfants-là, il doit et va continuer à célébrer la joie, l’amour et la beauté.
Même si cela semble absurde.

Que, oui, on tue des enfants, ici, là-bas et plus loin aussi.
Que, oui, on tue des enfants un jour de fête…
… à Bagdad, quand ils font les courses avec leurs parents.
… à Nice, quand ils reviennent d’un feu d’artifice.

Qu’au nom des enfants de Bagdad et de Nice, il doit continuer à vivre. Pleinement.
Et à rire à la gueule de la haine.

Car cela peut prendre le temps, des siècles, du sang et des larmes…
Mais ce n’est JAMAIS la haine et la peur qui gagnent à la fin.

Voilà ce que je vais lui dire cette fois.
Encore une fois.

Le courage, ce n’est pas de tenir bon un petit peu.
C’est de tenir bon toujours, en tous temps.

Et ça, il le sait déjà.

(Photo : le petit de l’Homme face à la Promenade des Anglais, Nice, France)

43 ans, le néant

Ok, aujourd’hui, j’ai 43 ans.
Oui, 43.

J’ai beau le répéter en boucle, l’écrire, le déglutir, le remâcher, rien ne change : ça ne passe pas.

Pourquoi ? Un âge est un chiffre. Et rien n’est plus semblable à un chiffre qu’un autre chiffre.

En fait, si on creuse un peu, ce n’est pas le chiffre qui ne passe pas. C’est tout ce qu’il y a autour.

Ma vingtaine a eu des hauts et des bas, mais au final, j’y ai avancé.
Ma trentaine a eu des à-côtés et des pauses, mais au final, j’y ai évolué.
J’étais prête pour la quarantaine…
Le plus bel âge de la femme m’ont répété certaines.
Ca fait 3 ans que je cherche ce qui est « beau » dans cet âge.

Oh non, pas que ma vie soit moche, pas du tout.
D’un point de vue strictement privé, elle est même magnifique. Je ne pouvais rêver plus translucide (comme l’eau des nombreuses plages sur lesquelles je me balade souvent ces derniers temps, un peu partout dans le monde).
Mais à la base, mes rêves n’étaient pas faits de plages.
Ils étaient faits de combats, d’intelligence et de créativité.
Mais je les ai perdus en chemin.
Ces dernières années, mes rêves de réalisation accusent soit de solides retards, soit s’annulent sans autre forme de procès.
Et si, quand même, l’envie leur vient de commencer à prendre forme, je m’empresse de les saborder. Faudrait pas qu’ils réussissent à exister non plus, les salauds.

Bref, je vais arrêter ici ce post Calimero.
Mais il fallait que je vous l’écrive.
Je vous dois la vérité, n’est-ce pas ?

La vérité, c’est que le bilan de mes 43 ans est le néant.

Et qu’on ne parle pas du néant.

Portez-vous bien, prenez soin de ceux que vous aimez, et si vous pensez à moi, parfois, sachez que je regarde l’eau s’écouler…

Marie, le 29 avril 2016

chute

A toi de jouer, mon fils

« Demain matin, je serai la première personne à te souhaiter ton anniversaire ! »

A l’heure où vous lisez ces lignes, le petit de l’Homme a 12 ans et quelques minutes. Et la première personne qui lui a souhaité cet âge ô combien symbolique (en allant sauter sur son lit) est aussi la première petite personne de son âge avec laquelle il a eu des interactions. Ils venaient tout juste de naître.
(NDLR : si vous avez envie de pleurer un bon coup et, accessoirement, de découvrir la belle histoire du petit de l’Homme et de cette jolie petite personne, foncez sur le blog de Ganaëlle. Ca vaut le détour…)

Voilà. Le petit de l’Homme a 12 ans.
12 ans de lumière et de joie.
Il a grandi entouré de stabilité et d’ondes positives. Gavé d’amour et de force (et de légumes aussi, mais ça, ça fait tout de suite moins poétique).
Je le sais déjà, il se souviendra de son enfance comme d’un paradis. D’un monde où tout est parfait, à sa place. Où la lumière inonde chaque jour. Où la Terre est ronde et tourne dans le bon sens.
Il regrettera même peut-être ce temps dont il aura un souvenir si net et tellement idéal.

Et pourtant… Lire la suite