Les protéger, les protéger encore

(La photo qui illustre cet article montre le petit de l’Homme sur les épaules de son père dans les rues de Berlin un soir d’été)

Une chose dont nous sommes sûrs : nous vivons une période historiquement perturbée.

Une chose dont nos enfants seront sûrs : leur enfance était une période idyllique.

D’où viendra cette différence de perception ? Et pourquoi en suis-je si sûre ?
Parce que je vois les périodes troublées de l’Histoire et que j’entends des gens m’en parler comme du « bon vieux temps ».
Parce que j’ai entendu mes grands-parents me parler de leur enfance dans les années 30 comme d’une époque où la douceur de vivre régnait…
On est tous d’accord que « douceur de vivre » est certainement la locution qui caractérise le moins cette période de l’Histoire faite de racisme, de peur et de violence. Et que de nombreux enfants y ont même perdu la vie.
Mais ceux qui ont été épargnés par l’horreur, ceux qui ont pu continuer leur vie entourés de tendresse et protégés de l’horreur ont gardé de cette période l’idée qu’on se fait de l’enfance : un monde de douceur et d’innocence. Lire la suite

Et tu pars où, là ?

A chaque fois que je vais quelque part, cette question sort à un moment ou à un autre :

Et tu pars où, là ?

(La deuxième phrase étant « Tu veux boire quelque chose ? On a prévu du Champagne ne t’inquiète pas ! »)
(Tant qu’à être un stéréotype sur pattes, autant en être un chic, hein)

C’est, je pense, la chose que les gens retiennent le plus de moi : je suis toujours partie.
Ce qui, pourtant, à côté de certains et certaines, est une réputation largement usurpée.
Mais je bouge néanmoins pas mal, oui. Lire la suite

Il y a 13 ans…

Il y a 13 ans, pile 13 ans aujourd’hui, je recevais ce SMS tant attendu…

Mon amie Ganaëlle avait accouché.
La meilleure amie du petit de l’Homme, né, lui, 6 jours plus tôt, avait débarqué en ce monde.
Ces ventres que nous avons vu s’arrondir de concert pendant neuf mois s’étaient matérialisés en deux bébés, également blonds aux yeux bleus. Lire la suite

A-t-on le droit d’être heureux alors que le malheur est partout ?

Après une semaine méga folichonne niveau nouvelles du monde, y’a de quoi se poser la question.

C’est clair que quand on voit l’horreur partout (et pas juste à Alep, il se passe des trucs atroces au Nigeria aussi entre autres…), on peut se poser la question.

D’autant qu’en plus, sur les réseaux sociaux, dès que vous parlez d’un problème, d’un truc que vous trouvez grave, il y aura bien toujours quelqu’un de bien intentionné pour vous dire qu’il « y a plus grave » et, hop, faire dans la surenchère de malheur. Et évidemment, il y a moyen, question malheur et mauvaises nouvelles, la planète ne manque pas de ressources. Lire la suite

Ces mots qui ne veulent (plus) rien dire (Bobo, islamophobe, fasciste et autres conneries)

Vous avez déjà essayé de parler avec un ado révolté ?
Le faire réfléchir sur le monde qui l’entoure ?
Et qu’il ne veuille pas écouter vos arguments ?

Alors vous vous êtes déjà certainement retrouvé confronté à une irrépressible envie de le traiter de demeuré ou de con.
Peut-être même l’avez-vous fait.

Et vous vous êtes pris en retour la réponse que vous méritez :

« Ben oui, c’est ça, je suis con, voilà »

Débat clos, conversation terminée, possibilité d’échanger de manière intelligente complètement envolée.

Et vous vous êtes retrouvé à fulminer, en vous disant que si la conversation s’était terminée, c’était de la faute de l’ado en question. Il n’est pas forcément con, vous le savez, vous vouliez juste le faire réfléchir, vous vous êtes énervé, c’est tout !

Je vais vous approuver sur un point : il n’est pas con.
Mais vous, je vais pas vous faire plaisir : vous l’êtes. Lire la suite

Romain

Romain,

J’aurais dû t’écrire cet article il y a quelques mois déjà.
En mai, plus précisément le 28 mai.
C’est ce jour-là que tu as choisi pour te barrer. Définitivement.
Enfin « choisir », entendons-nous, on ne choisit pas ces choses-là.
On ne choisit pas la maladie, la souffrance et la mort.
On les subit, avec plus ou moins de grâce, plus ou moins de classe.
Ta grâce et ta classe à toi étaient sans aucun mesure.
Personne dans mon entourage ne t’arrivait à la cheville.
Et je ne dis pas ça parce que tu t’es barré et qu’on enjolive toujours un peu ceux qui ne sont plus là.
Je le dis car c’était une évidence. Lire la suite

Vos gueules #Alep

Envie de hurler.
De dégueuler.
D’arracher, de déchiqueter tout ce qui passe à ma portée.

Hier soir, j’étais au spectacle de Gui-home, ce jeune mec qui a réussi grâce au web, qui est devenu humoriste grâce à son talent et à la magie des réseaux sociaux.

En sortant du spectacle, j’ai rallumé mon téléphone.
La bataille finale d’Alep-est faisait rage et sur Twitter tout le monde pouvait y assister en direct.
La magie des réseaux sociaux à nouveau, en plein.
Et surtout chacun pouvait y aller de son analyse sur la situation pendant qu’un déluge de bombe tombait sur des femmes et des gamins.
Là, on ne peut plus parler de magie, mais carrément d’extra-lucidité.
Et d’indécence.

Pour ceux qui n’auraient eu comme info que les 3 phrases de ce matin dans les JT (qui ont, dans un bel ensemble, traité le sujet avec une analyse et profondeur qui laissent pantois), je vous résume la situation des deux camps qui s’affrontent, non pas sur le terrain (qui est juste une gros bourbier sanglant à l’heure qu’il est) mais sur les réseaux sociaux (qui… heu, non, je vais me taire) : Lire la suite

Calendrier de l’avent : Jour 11, PEUR

(Cet article fait partie de la série « Calendrier de l’Avent », pour retrouver les explications et l’article du Jour 1, c’est par ici)

On a souvent tendance à dire que c’est l’amour qui fait tourner le monde.
Bon, certains ajouterons que c’est l’argent aussi, ce qui est assez lucide.

Perso, je soutiens que c’est la peur.

Et pour l’instant, nous en avons tous les jours la démonstration. Partout. Dans tous les domaines. A tous moments.

La peur est omniprésente.

Elle est chez ceux qui gouvernent, elle est chez ceux qui sont gouvernés, elle est chez ceux qui mettent des enfants au monde, elle est chez ceux qui ne le font pas, elle est dans la tête des femmes, dans la tête des hommes, elle hante les rêves des enfants. Elle colle, elle englue. Lire la suite

A toi qui as 13 ans

Mon amour,

Oui, c’est à toi que j’écris.
Suite à mon texte de l’année passée où je faisais savoir que dorénavant je n’allais plus écrire sur toi dans ce blog, tu m’as demandé pourquoi je n’allais plus le faire…

« Parce que tu es grand, et que cela te dérange peut-être que j’écrive des choses sur toi… »

Je me suis entendu répondre :

« Non, ça ne me dérange pas. C’est rigolo de lire les histoires du petit de l’Homme. Et non seulement cela ne me dérange pas, mais en plus, j’aime ça. J’ai l’impression de mieux comprendre ce que tu veux me dire quand tu l’écris sur ton blog, ça m’explique mieux les choses… »

« Alors, je peux continuer ? »

« Oui. »

Alors, je continue, tu vois.
Mais au lieu d’écrire un article de blog, c’est à toi que j’écris.
A toi qui as 13 ans aujourd’hui.
A toi qui es à l’origine de ce blog, ouvert il y a 9 ans. Lire la suite