Calendrier de l’Avent : Jour 3, Chaplin, ce discours de 1940

(Cet article fait partie de la série « Calendrier de l’Avent », pour retrouver les explications et l’article du Jour 1, c’est par ici)

Je l’ai déjà dit, le petit de l’Homme a cette malchance d’avoir des parents qui aiment un minimum la culture et qui le traînent partout (et, ce, depuis un âge plus que tendre, à son grand dam) de musées en expo, d’expos en pièces de théâtre, voire en concerts classiques (ou pas). Il vit la chose avec plus ou moins de bonheur selon les activités mais continue à gentiment accompagner ses parents dans tous leurs délires (et on l’en remercie au passage).

Le délire de ce vendredi soir était la pièce « Chaplin », au Théâtre Royal du Parc.

Le petit sait très bien qui c’est, il se passait en boucle le coffret de l’intégrale de Charlot en DVD quand il portait encore des couches-culottes. Donc la pièce, ça va, on n’a pas trop dû lui expliquer le contexte.

Et parlant de ladite pièce, il faut avouer que, même si je l’ai trouvée un peu décousue et sans un fil conducteur vraiment solide et assumé, elle est d’une énergie rafraîchissante. La prestation d’Othmane Moumen en Chaplin est juste époustouflante. C’est loin d’être la première fois que je trouve cet acteur complètement génial et jouissif, mais voilà, ça confirme son talent et le bonheur qu’il apporte à la salle quand il est sur scène.

Bref, je vous conseille la pièce, surtout si vous avez des enfants et que vous voulez voir quelque chose qui bouge et dont les dialogues sont accessibles (en gros, les dialogues… ben, y’en a peu, vu que les films de Chaplin étaient muets !), un bon moment en perspective.

Mais ce qui a retenu mon attention ce vendredi soir n’est pas tant la pièce en elle-même que le discours tenu par la comédienne avant le lever de rideau. Lire la suite

Calendrier de l’Avent : Jour 1, présentation

Ce matin, j’avais la ferme intention de m’acheter un calendrier de l’avent.
Je ne suis pas fan du truc d’habitude, mais en ces temps pas hyper marrants, j’avais envie de me raccrocher à quelque chose en attendant la chaleur de Noël…
Comme je n’aime pas le chocolat (ne prenez pas cet air effrayé, c’est pas contagieux), j’avais visé un calendrier plus sympa et qui ne proposait pas de se bâfrer jusqu’au 24 décembre. Sauf qu’en arrivant comme une fleur, tout sourire, au magasin censé le vendre, je me suis retrouvée devant une vendeuse péremptoire : « Ouhlà, non, on est en rupture de stock, madame, ils devaient être vendus avant le 1er décembre, évidemment ! »

Evidemment.
Chuis con, moi. Lire la suite

Parler d’amour par temps de haine – mort d’une grand-mère

On ne se voit pas vieillir.
Et on voit encore moins vieillir ceux que l’on aime.

Ou du moins, on ne voudrait pas le voir.

Il ne restait que peu de personnes dans mon entourage de la génération qui a connu la guerre.

Et la dernière vient de partir…
En ces temps troublés, c’est un dur rappel à la réalité.

J’ai toujours eu cette chance d’avoir autour de moi des gens pour me mettre en garde contre la violence des mots, le danger du rejet et de la haine de l’autre.

Ils l’avaient appris à leur corps défendant.

Et ils ne voulaient pas que cette violence s’abatte à son tour sur leurs enfants et petits-enfants.

Comment parler d’amour en ayant connu la haine ? Lire la suite

Sous les pavés, la plage

(NDLR : cet article est en lien avec un autre article posté le 29 avril dernier à l’occasion de mon 43ème anniversaire -argh-, si vous l’avez lu vous comprendrez le lien entre la plage, les pavés, toussa… Allez, voici le bilan !)

Wé, j’ai joué mon caliméro pour mes 43 piges.
(Je fais ce que je veux, je suis sur mon blog)
Cette nuit-là, j’ai longtemps hésité à poster quelque chose, j’ai écrit au bas mot 4 articles et les ai tous effacés. Et puis, j’ai posté le dernier, celui que vous avez probablement lu. En me disant que j’allais allègrement le regretter.

Et je n’ai rien regretté du tout.
Mon côté petit canard noir à coquille d’œuf a été accueilli avec une incroyable bienveillance, même dans les réponses « coup de pied au cul ».
J’aurais raté quelque chose de ne pas l’avoir écrit.

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Oui, on tue des enfants un jour de fête

Comment lui parler ?
Que lui dire cette fois ?
A chaque résurgence de la violence, face à chaque nouvelle image atroce, je tiens bon.
Depuis sa naissance, son père et moi voulons en faire un enfant ouvert, aux autres, au monde, à l’amour.
Chacun de nos actes, chacun de nos choix vont dans ce sens.
Alors, à chaque fois, je le rassure.
Et j’apprends de lui, de son énergie, de son envie d’aller de l’avant, de son regard franc sur le monde.
Il m’embarque du côté de la vie, de l’amour (de la Force, diraient certains adeptes).
Et je lui apprends à utiliser son cerveau et non sa peur.

Prendre de la hauteur, mettre en perspective, agir dans le positif.
Le mot ‘amour’ n’est pas qu’un mot, ce sont des actes aussi.
Mais à la longue, ce désir, cette énergie sont rudement mis à l’épreuve.
Ne pas laisser la peur s’insinuer, ne pas laisser la lassitude s’installer, ne pas laisser le dégoût l’emporter…

Et pour cela, il va falloir trouver les mots.
De nouveaux mots.
Pour lui expliquer la tragédie dans un endroit qu’il connaît, où il a lui-même fait la fête en famille.
Une Promenade où il a déambulé, comme ces familles fauchées ce 14 juillet.
Pour lui dire qu’au nom de ces familles-là, de ces enfants-là, il doit et va continuer à célébrer la joie, l’amour et la beauté.
Même si cela semble absurde.

Que, oui, on tue des enfants, ici, là-bas et plus loin aussi.
Que, oui, on tue des enfants un jour de fête…
… à Bagdad, quand ils font les courses avec leurs parents.
… à Nice, quand ils reviennent d’un feu d’artifice.

Qu’au nom des enfants de Bagdad et de Nice, il doit continuer à vivre. Pleinement.
Et à rire à la gueule de la haine.

Car cela peut prendre le temps, des siècles, du sang et des larmes…
Mais ce n’est JAMAIS la haine et la peur qui gagnent à la fin.

Voilà ce que je vais lui dire cette fois.
Encore une fois.

Le courage, ce n’est pas de tenir bon un petit peu.
C’est de tenir bon toujours, en tous temps.

Et ça, il le sait déjà.

(Photo : le petit de l’Homme face à la Promenade des Anglais, Nice, France)

Message au gouvernement, aux spécialistes-en-terrorisme et aux média

Cher toi, (oui, je te tutoie d’emblée, on est entre nous, hein)

Je prends ma plume aujourd’hui pour t’exposer un truc qui me chiffonne.

Depuis que je suis née, le 29 avril 1973 pour ceux qui l’ignoraient encore (note-le, t’auras plus d’excuse pour ne pas me le souhaiter sur Facebook l’année prochaine), il y a eu quelques attentats meurtriers de par le monde. Un petit comptage plus loin (merci Wikipédia) et je peux même te donner un chiffre : 802. Oui, 802, et encore, je dois certainement en avoir oublié quelques-uns, mes yeux s’étant un peu brouillés en comptant.

Dans ces 802 attentats, une quarantaine (40 à la louche, presque un par an en moyenne depuis ma naissance) ont eu lieu en France, dont une grosse majorité à Paris, où vivait mon père.

Dans ces 802 attentats, une dizaine (8 à la louche) ont eu lieu en Belgique, où vivait ma mère. Lire la suite

Mort d’un grand-père

« Ta grand-mère a marché avec nous, elle est merveilleuse, tu sais ! »

L’homme qui prononce cette phrase est le grand-père de l’Homme.
Nous sommes dans son salon, à regarder les photos de leurs dernières vacances à son épouse et lui. Il nous raconte leur balade dans les montagnes.

Il a près des 80 ans, mais il ne les fait pas. Son regard clair, sa voix posée, sa haute stature, son élégance discrète le rendent intemporel.
Lui et son épouse sont mariés depuis presque 50 ans et, d’ailleurs, on va fêter cet anniversaire sous peu en famille.
Moi, du haut de mes vingt et quelques années, je le regarde, éberluée.

« Elle est merveilleuse, tu sais ! » Lire la suite

41 is the new 18

(Traduction pour les allergiques à la langue de Shakespeare : « 41 est le nouveau 18 », je suis certaine que cela vous paraît d’un coup plus lumineux!)

29 avril 1991, je fête mes 18 ans.
(Bon, je ne vous dirai pas où, ni comment, il est des choses honteuses qu’on préfère ne pas rendre publiques)
(Et que les personnes qui savent ou, pire, qui étaient là ce jour-là, aient la bonté d’âme de garder l’info pour elles, hein ! Ou je vous dénonce aussi !)
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Rien n’est jamais acquis…

Vous vous êtes battu comme un lion. Pendant des années. Vous avez, à votre immense fierté, réussi à gagner une des grandes batailles de votre existence. Bataille que vous ne pensiez pas forcément remporter un jour, tellement vous croyiez manquer de courage, manquer de volonté, manquer de foi, manquer d’amour.

Mais pourtant. Vous y êtes arrivé. Sans même d’ailleurs remarquer l’ardeur et l’énergie mises en place pour conquérir, pas à pas, pierre par pierre, le terrain ou vous alliez bâtir, voire rebâtir, votre bonheur. La fatigue ne s’est pas spécialement faite sentir. La rage au ventre, la rage au cœur aussi, tout cela conjugué vous poussait à atteindre votre but. Et vous n’étiez d’ailleurs pas seul sur ce chemin, et cela contribuait à vous donner espoir, porté également par la foi et l’amour d’autrui.

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